(14 janvier 2020)
Le projet DeMoS, dont ce carnet est l’expression, est issu d’un appel à candidature de l’initiative d’excellence (IDEX) de l’Université Grenoble Alpes. A ce titre, il est redevable de la politique de recherche initiée par la loi Liberté et Responsabilité des Universités (2007) et poursuivie par la suite.
Cette loi, qui a conduit à une extension d’une pulsion pathologique d’emprise bureaucratique à la sphère de la recherche, a produit des effets incontestablement néfastes sur cette dernière, effets aggravés notablement par les politiques budgétaires ultérieures (en particulier le non-versement aux universités d’une dotation intégrale de leur masse salariale, qui a conduit à un gel général de postes d’enseignants-chercheurs pour faire face à l’afflux démographique qui se poursuit aujourd’hui – tandis que le Crédit impôt recherche constitue en fait une subvention déguisée aux grandes entreprises) .
Les prérapports de la loi pluriannuelle de la recherche (LPPR), qui sera normalement examinée début février, en prennent acte… mais pour reconduire la même politique de manière encore plus systématique et proprement aberrante.
Ce projet s’est en outre accompagné d’une prise de position publique que l’on peut qualifier de grotesque, celle du président du CNRS, vantant les bénéfices d’une loi “inégalitaire” et “darwinienne”, au risque de se voir remarque l’ignorance abyssale que cette remarque trahissait, aussi bien biologique que sociologique, des conditions d’une recherche efficace.
Ce carnet ayant pour objectif le partage critique de réflexions concernant l’économie et la philosophie politiques, il paraît nécessaire de marquer ici la nécessité d’une opposition déterminée à un tel projet de loi.
Image en tête: Crédits British Library
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Thomas Boccon-Gibod (14 janvier 2020). DeMoS et la politique de recherche. Le Carnet du DéMoS. Consulté le 10 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/nimw